2014-08-29T12:33:54+02:00

Marque-page (1)

Publié par Effie

Voici le tout premier article de la catégorie Marque-page ! J'ai décidé de mettre quelques passages de ma lecture en cours, j'espère que ça vous plaira :)

En ce moment, je lis une petite pièce de théâtre vraiment géniale qui s'appelle "Novecento : pianiste" d'Alessandro Baricco. C'est un monologue qui raconte l'histoire de Novecento, petit garçon né sur le bateau Virginian, qui n'a jamais quitté l'océan et qui a appris à jouer du piano magnifiquement bien. Ce livre est très touchant ! J'aurais voulu tout mettre mais j'ai du choisir mes passages préférés. Vous pouvez aller voir ce Booknode où il y a beaucoup de passages magnifiques.

Marque-page (1)

" Un jour, j'ai demandé à Novecento à quoi il pensait quand il jouait, et ce qu'il regardait, les yeux toujours droit devant lui, où il s'en allait, finalement, dans sa tête, pendant que ses mains se promenaient toutes seules sur les touches. Et il m'a répondu : "Aujourd'hui je suis allé dans un pays très beau, les femmes avaient des cheveux parfumés, il y avait de la lumière partout et c'était plein de tigres."

 

"Il voyageait, quoi.

Et chaque fois il allait dans un endroit différent : en plein centre de Londres, [...]. Le plus difficile à comprendre, c'était comment il pouvait savoir à quoi ça ressemblait, [...] je veux dire, il n'en était jamais descendu, de ce bateau, pas une fois [...]. Et toutes ces choses-là, pourtant, c'était comme s'il les avait vues. Novecento, tu lui disais "Une fois j'ai été à Paris", et il te demandait si tu avais vu les jardins de machin-truc, [...], il savait tout, [...]."

"-Mais tu y es déjà allé, à Paris, Novecento ?

-Non.

-Alors...

-C'est-à-dire... si.

-Comment ça, si ?

-Paris. "

 

"Tu pouvais te dire qu'il était fou. Mais ce n'était pas si simple. Quand un type te raconte avec une précision absolue quelle odeur il y a sur Bertham Street, l'été, quand la pluie vient juste de s'arrêter, tu ne peux pas te dire qu'il est fou pour la seule et stupide raison qu'il n'y est jamais allé sur Bertham Street. Lui, dans les yeux de quelqu'un, cet air-là, l'air de Bertham Street, il l'avait respiré, vraiment. A sa manière : mais vraiment. Le monde, il ne l'avait peut-être jamais vu. Mais ça faisait vingt-sept ans que Novecento, sur ce bateau, le guettait. Et lui volait son âme.

Il avait du génie pour ça, il faut le dire. Il savait écouter. Et il savait lire. Les gens. Les signes que les gens emportent avec eux : les endroits, les bruits, les odeurs,leur terre, leur histoire... écrite sur eux, du début à la fin. Et lui, il lisait, et, avec un soin infini, il cataloguait, il répertoriait, il classait.... Chaque jour, il ajoutait un petit quelque chose à cette carte immense qui se dessinait dans se tête, une immense carte, la carte du monde, du monde tout entier, d'un bout jusqu'à l'autre. Et ensuite il voyageait dessus, comme un dieu, pendant que ses doigts se promenaient sur les touches en caressant les courbes d'un ragtime. " 

 pp. 33-36

"Quand à moi, je n'étais même pas certain qu'il l'ait jamais été, malheureux. Ce n'était pas une de ces personnes dont tu te demandes toujours est-ce qu'il est heureux, ce type-là. C'était Novecento, point. Il ne te faisait pas venir à l'esprit l'idée du bonheur, ou de la souffrance. Il avait l'air au-dessus de tout, il avait l'air intouchable. Lui, et sa musique : le reste, ça ne comptait pas."

"Tu ne dois pas t'imaginer que je suis malheureux : je ne le serai plus jamais." ça m'en a laissé baba, cette phrase. Il n'avait pas l'air du gars qui plaisante, en disant ça. L'air de celui qui sait très bien où il va. Et qui y arrivera. C'était comme quand il s’asseyait au piano et qu'il commençait à jouer, aucune hésitation dans ses mains, ces notes, les touches semblaient les attendre depuis toujours, comme si elles n'avaient existé que pour ces notes-là, et uniquement pour elles. [...]

Je sais maintenant que ce jour-là Novecento avait décidé qu'il allait s'asseoir devant les touches blanches et noires de sa vie, et commencer à jouer une musique, absurde et géniale, compliquée mais superbe, la plus grande de toutes. Et danser sur cette musique ce qu'il lui resterait d'années. Et ne plus jamais être malheureux."

pp.56-57

Effie

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commentaires

Li 30/08/2014 13:56

Ce livre a l'air très bien !

Effie 31/08/2014 10:49

Il l'est ! J'ai adoré personnellement et il est très facile à lire :)

Maeva 30/08/2014 09:08

Ce livre a l'air vraiment énorme, les passages cotés sont fabuleux!
T'as super bien choisi :) bisous xx

Effie 31/08/2014 10:51

Merci beaucoup ! Et oui, il l'est ! Il est excellent :D bisouus

Un mot, des étoiles... - Joséphine 29/08/2014 20:54

J'adore les citations tout comme le marque page *o*♥

Effie 31/08/2014 10:52

Parfait d'ouvrir cette catégorie alors :)<3

JS 29/08/2014 19:34

C une vrai partie de plaisir rien que de lire ces quelques lignes. Je crois que je vais être obligée de le lire... Non je plaisante mais je vais l'ajouter à ma liste de livre à lire (qui commence à se faire longue depuis que j'ai découvert ce blog... Un chouette blog d'ailleurs). J'attends le prochain article avec impatience!

Effie 31/08/2014 10:53

Hahaha, on t'oblige, tu peux pas passer à côté de ce chef-d’œuvre ! Merci beaucoup, il arrive bientôt ;)

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